En pleine préparation, Steve Mandanda aborde cette saison en tant que gardien N°1 de l'OM. Fort de l'expérience accumulée l'an passé et avec les Bleus, il estime que l'OM "peut changer la donne" en L1.
LES BLEUS
Que tirez-vous de votre expérience en équipe de France ?
J'ai énormément appris des autres, aux côtés des anciens, des champions du monde et également sur le niveau international. C'est différent du très haut niveau. Par rapport à la ligue 1, notamment. Les équipes jouent plus vite, sont plus techniques et plus tactiques. Notre match contre les Pays-Bas en est un exemple, ils étaient vraiment impressionnants. Nous étions prévenus de la différence de niveau dans une compétition internationale, mais le voir et le vivre de l'intérieur, nous en fait réellement prendre conscience. Même si cette expérience a été négative sur le plan collectif, elle a été très enrichissante pour moi.
Vivre l'élimination des bleus sur le banc n'a-t-il pas été difficile ?
Bien sûr, même si je pense que les joueurs présents sur le terrain ont été encore plus frustrés. Sur le banc, nous l'étions énormément car nous étions dans le groupe. Le seul objectif de l'équipe était d'aller au bout mais, malheureusement, nous avons échoué.
Est-ce-que l'approche différente des rencontres en Equipe de France vous a apporté quelque chose pour vos approches de matches avec l'OM ?
Non. Pour le moment mes méthodes fonctionnent bien donc je ne vois pas pourquoi je changerais. J'ai juste emmagasiné ce que je pouvais emmagasiner tout en gardant ma personnalité et mes habitudes. Je ne compte pas spécialement changer, je suis comme je suis.
Grégory Coupet quitte le championnat de France pour rejoindre l'Atletico Madrid. Pensez-vous que le fait qu'il soit dans un club moins huppé vous permettra d'avancer plus vite ?Pas du tout, car Grégory reste tout de même dans un grand et très bon club. J'ai appris à le connaître pendant l'Euro, c'est un compétiteur, il continue de jouer et il reste encore sélectionnable. Me concentrer sur mes performances à Marseille est ma priorité.
Avec le recul, comment avez-vous vécu votre explosion ?
Je l'ai bien vécu, c'est allé très vite. Tant mieux pour moi. Je suis très content mais si vous m'aviez dit que les choses allaient se dérouler de cette manière, je ne l'aurais pas cru.
Avez-vous profité des vacances pour faire le point et réaliser ce qui vous était arrivé ? Je n'ai pas eu le temps. Il y a eu le championnat d'Europe, puis nous sommes tout de suite partis en vacances. J'ai essayé de décompresser et maintenant nous nous remettons tout de suite dedans. Je n'ai même pas l'impression d'être parti en vacances.
LA PREPARATION
En quoi le travail d'un joueur de champ et d'un gardien de but est-il différent à l'entraînement ?
C'est un poste à part. Les joueurs de champ et les gardiens ne peuvent pas travailler de la même manière. Au départ, nous travaillons la course et le foncier, pour avoir un minimum de physique mais après, nous sommes obligés de rentrer dans notre travail bien spécifique de gardiens de but. La charge de travail est beaucoup plus poussée, il y a plus de répétitions et les séances sont beaucoup plus longues.
Parlez-nous de votre victoire en match de préparation contre Neuchâtel ?
C'était très important de gagner. Si nous avions perdu, nous nous serions retrouvés avec deux défaites et un match nul, et cela n'aurait pas été bon pour le moral. Comme tous les compétiteurs, mes coéquipiers et moi-même n'aimons pas la défaite. Nous avons été récompensés car nous avions fait un match de qualité sur un terrain difficile dû à des conditions climatiques épouvantables.
La saison dernière, Lorik Cana et Julien Rodriguez étaient les patrons de la défense, que pensez-vous de Vitorino Hilton dans ce rôle ?Cette année, le coach demande à Vitorino de tenir ce rôle. Pour l'instant, cela se passe très bien et comme je l'ai déjà dit, nous verrons comment cela va fonctionner sur les prochains matches.
Samedi, ce sera un gros test face à Bordeaux...
Ce sera un bon match face à un concurrent direct. C'est toujours bien de se préparer contre une équipe qui prétend au titre.
Cette année vous abordez la saison en étant numéro 1, est-ce différent dans l'approche et la préparation ?
Il est indispensable de bien se préparer car nous savons que, logiquement, je vais démarrer la saison. En revanche, lorsqu'un gardien joue le rôle de doublure, il se prépare à jouer mais ce n'est pas pareil, on se prépare au cas où. Cette année pour moi c'est différent car je sais que je devrais débuter le 9 août.
Personnellement, avez-vous l'impression de jouer gros cette année ?
Non. Je jouais gros aussi l'année dernière. C'est pareil, je le prends vraiment comme un bonus.
LA SAISON 2008/2009
Après deux bonnes saisons, les supporters attendent que l'OM joue le haut de tableau et même un titre...
C'est Marseille, nous le savons chaque saison. Le club nous demande des résultats, des titres, et plus les années passent sans résultats, plus le club est exigeant. C'est normal. A nous, joueurs, de se préparer et d'être prêts à assumer ce statut car nous sommes conscients de l'attente des supporters. Le club s'investit dans le recrutement pour avoir des résultats, ensuite, c'est à nous, sur le terrain, de démontrer que l'Olympique de Marseille mérite de gagner des trophées. Nous devons être prêts dès le départ et d'aller au bout.
Que n'aimeriez-vous pas voir arriver cette saison ?
Il faudrait éviter de faire la même entame catastrophique de championnat que l'année dernière. Il est important de bien négocier le premier match contre Rennes ainsi que le tour préliminaire de la Ligue des Champions qui est très important pour le club et pour nous. Nous avons donc un début de saison à ne pas louper.
Selon vous, Lyon reste-t-il le favori pour cette saison ?
Evidemment. Lyon reste le favori. Cela fait sept ans qu'ils sont champions. Ils recrutent toujours très bien pour le rester. Maintenant, l'OM, en tant que postulant, compte bien changer la donne.